
Balayant
large dans le début de cette présentation,
l'accent sera ensuite donné sur le lac dont nous
sommes les riverains, le lac de Neuchâtel, qui était
par le passé appelé lac d'Yverdon ou d'Estavayer,
selon les périodes et les régions.
Le
lac de Bienne s'appelait lac de Neurol, du nom d'une
ville disparue depuis, ou lac de Nidau. Puis l'agrandissement
de la ville de Bienne fit que l'on usa, dès
le 17ème siècle, du nom de cette cité pour
désigner ce lac.
Le lac de Morat aurait, vraisemblablement, toujours
porté le même nom au fil des siècles.
Pays des Trois-Lacs certes, mais lors de la période
pré-historique, c'était la région d'un
seul, avec un niveau de 25m supérieur à celui
d'aujourd'hui!
Son niveau était d'environ 453m à cette époque.
Actuellement, réglé artificiellement,
le niveau de ces trois lacs est à 429m, en valeur
moyenne, sans tenir compte des fluctuations possibles au
fil des saisons ou des manipulations humaines.
Ce lac pré-historique, antérieur
aux glaciations, s'étendait du Mormont jusqu'à Payerne
et Soleure.
Les lacs de Morat, Bienne et Neuchâtel
constitue les vestiges d'un ancien lac, recouvrant nos campagnes
environnantes qui constituaient des fonds lacustres dans
un passé pas si éloigné, c'est donc
la plaine de l'Orbe, de la Broye et du Seeland Bernois.
La
définition d'un lac :
LAC n.m. (lat.lacus). Grande étendue
d’eau intérieure, généralement douce,
souvent qualifiée selon son origine (tectonique, glaciaire,
volcanique, etc.).
Fam. Être, tomber dans le lac : échouer, n’aboutir à rien.
La définition symbolique :
LAC Symbolise l’œil de la terre
par lequel les habitants du monde souterrain peuvent regarder
les hommes, les animaux, les plantes, etc.
Le marais symbolise l’œil qui a trop pleuré.
Dans la dépression du Fayoum, en Égypte, s’étend un
immense lac. Les théologiens égyptiens de l’Antiquité y
voyaient la manifestation réelle et terrestre de la Vache du ciel… un
ciel liquide où le soleil s’était mystérieusement
caché… Un affleurement de l’Océan primordial , mère
de tous les dieux, faisant vivre les humains, la garantie de l’existence
et de la fécondité. Des lacs artificiels furent creusés à proximité des
temples ; sur leurs rives se déroulaient les mystères nocturnes
et, dans leurs eaux, des prêtres faisaient leurs ablutions rituelles ;
ils symbolisaient les forces permanentes de la création.
Pour les Gaulois, les lacs étaient des divinités ou les demeures
des dieux. Ils jetaient dans leurs eaux des offrandes d’or et d’argent,
ainsi que des trophées de leurs victoires.
Les lacs sont aussi considérés comme des palais souterrains, de
diamant, de bijoux, de cristal, d’où surgissent fées, sorcières,
nymphes et sirènes, mais qui attirent aussi les humains dans la mort.
Ils prennent alors la signification redoutable de paradis illusoires. Ils symbolisent
les créations de l'imagination exaltée ; c’est en style
trivial, tomber dans le lac.
Vue
satellite de la région des Trois-Lacs
La
définition de l'eau :
EAU n.f. (lat.aqua). Liquide incolore transparent,
inodore, insipide, corps composé dont les molécules
sont formées de deux atomes d'hydrogène et
d'un atome d'oxygène (H2O). L'eau bout à 100 degrés
Celsius à la pression normale (1 atm.) et se solidifie à 0
degrés Celsius.
Les eaux naturelles tiennent en dissolution des gaz et des sels et en suspension
des poussières ainsi que quelquefois des microbes pathogènes.
La définition symbolique :
EAU Les significations symboliques de l'eau
peuvent se réduire à trois thèmes dominants
: source de vie, moyen de purification, centre de régénérescence.
Ces trois thèmes se rencontrent dans les traditions les
plus anciennes et ils forment les combinaisons imaginaires les
plus variées, en même temps que les plus cohérentes.
Faisons
un petit détour pour découvrir chronologiquement
les grandes étapes de notre passé préhistorique
et historique.
-17'000 et -100'000 avant J.-C., le Paléolithique,
les paysages sont faits de toundra, de glaciers et l'homme de
Néandertal chasse et cueille pour se nourrir.
Dès -17'000 début du retrait des
glaciers.
Entre -17'000 et -9'500, période de l'Épipaléolithique
, les forêts se mettent en place et dans la toundra l'homme
de Cro-Magnon chasse et cueille.
Puis il se mettra également à utiliser le potentiel des bois
pour assurer sa subsistance, devenant ainsi un chasseur-cueilleur forestier.
-9'500 à -5'500, le Mésolithique
.
-5'500 à -2'200, période du Néolithique
, l'agriculture et des villages se mettent en place, l'homme
se sédentarise et les premiers villages lacustres apparaissent.
-2'200 à -800, l'Âge du Bronze,
premiers grands défrichements, métallurgie du bronze,
hiérarchisation de la société et fin des
habitats lacustres.
-800 à -20, c'est l'Âge du Fer,
premières villes, suite de la métallurgie, populations
Celtes, Helvètes, Rauraques, etc.
-20 à 450 après J.-C., Époque
romaine , grandes exploitations agricoles (villae), culture de
la vigne, populations de Romains, Gallo-romains, Germains, Burgondes.
450 à 1500, période du Moyen-Age,
reboisement partiel, grandes exploitations agricoles , défrichements
intensifs, populations de Carolingiens, Mérovingiens.
1500 à 2002, les Temps Modernes, artisanat
et proto-industrialisation, agriculture intensive, industrialisation,
urbanisation intensive, société industrielle et post-industrielle.

Statues-menhirs
du site de Clendy, Yverdon-les-Bains, - 4000 à -
4500 av. J.-C.
Ces blocs furent aperçus en 1878 sur une ancienne plage du lac, dégagés
en 1975
et restaurés en 1986, ils sont au nombre de 45 sur ce site et devaient être à l'origine
d'un site de rassemblements socio-religieux
Le
lac de Neuchâtel est classé dans les lacs dits
de "surcreusement" selon les qualificatifs utilisés
en limnologie, la science des lacs qui se préoccupe
de leur mode de formation, leur alimentation, l'importance
et les causes de leurs variations, leur température,
leur transparence et la qualité de leur eau.
Cette science discerne sept types lacustres, quatre d'entre eux sont présents
sur sol vaudois.
Au même titre que les lacs de Bienne et de Morat, le lac de Neuchâtel
porte le qualificatif de "subjurassien" de par sa situation géographique.
L'action du glacier du Rhône, dont la couche de glace aurait pu atteindre
une épaisseur de 800m au-dessus de la plaine de l'Orbe, a "surcreusé" son
lit lors de la période géologique du Pléistocène.
Ces trois lacs doivent leurs origines à cet effet ou à une fracture
des fonds rocheux.
Cependant, l'hypothèse du glacier semble prédominer, car de nombreux
signes visibles sur les fonds lacustres, sur ses rives et dans le type de couches
composant son sous-sol molassique, attestent d'une activité intense lors
de cette période de glaciation.
En comparaison avec le Léman, lac de "surcreusement" également,
l'activité du glacier du Rhône y a été plus intense
par sa proximité avec la chaîne alpine.
Le lac de Neuchâtel est le seul lac de cette taille entièrement
sur territoire national, ce qui en fait le plus grand lac de Suisse.
Sa superficie est de 283 km2 et son volume de 14,2 km3.
Son niveau est réglé artificiellement à 429 m s/mer et sa
profondeur maximale est atteinte au creux de l'Ambière avec une valeur
de -153 m, selon certains, une source y coulerait...
Sa longueur est de 38 km et sa largeur oscille entre 2 et 8 km.
Depuis 1033, le lac s'est recouvert d'un banquise totale ou partielle pas moins
de dix-set fois. Des écrits relatent des traversées d'hommes depuis
Neuchâtel à Portalban, St-Aubin à Estavayer!
Son orientation est sud-ouest à nord-est.
Les courants généraux et locaux soufflant sur ce lac sont : la
bise de Chasseral, la bise, la bise de Berne, l'ubère, le vent blanc,
le vent, le joran de Plamboz, le joran et le joran de Chasseral.

Bise
de 4 Beaufort le 15.07.02, vue depuis Grandson
L'échelle
de Beaufort sert à déterminer la puissance
d'un courant, elle est cotée de 0 à 12.
Le 0 représente une vitesse de moins de 0,5m/sec., descriptif
calme, et comme effet visible : la fumée s'élève
verticalement.
Le 12 représente une vitesse supérieure à 31m/sec.,
c'est un ouragan, et comme effet visible : dévastation totale...
La
toponymie du lac se résume à deux appellations
: l'amont se nomme Haut-Lac et l'aval Bas-Lac.
Le brassage total des eaux du lac s'effectue deux fois par an par un
phénomène de décroissement de la température
de la surface en profondeur en été, et inversement en hiver.
Les eaux du lac de Neuchâtel prennent le chemin pour la mer du
Nord.
Elles passent le canal de la Thielle, le lac de Bienne, l'Aar, le Rhin
et se jettent en pleine mer aux Pays-Bas par trois bras principaux.
En territoire vaudois, le lac est alimenté par plusieures rivières,
ruisseaux et canaux.
Par ordre de grandeur on peut citer : la Thielle, la Mentue, l'Arnon
pour les rivières, la Dia, le Ruisseau du Moulin, le Grandsonnet,
la Brine, le Bey, le Mujon, le Canal Oriental, le Buron et le Ruisseau
de l'Epena pour les ruisseaux et canaux.
Citons encore les affluents de ces rivières ou leurs parties premières
ne portant pas le même nom : l'Orbe, le Nozon, le Talent, le Sauteruz,
le Ruisseau des Vaux.
Anecdote : le moulin Bornu à Pompaples a été baptisé "Milieu
du Monde", car il réceptionne dans son bassin le Nozon qui naturellement
se dirige vers le nord, mais une déviation artificielle a été crée
pour envoyer une partie de ses eaux dans la Venoge, rivière voisine,
qui elle coule vers le sud! L'appellation était toute trouvée
et justifiée.
Pour compléter, nous pourrions encore citer les sources vauclusiennes
qui jaillissent au pied du Jura et viennent compléter ces apports
d'eau :
la Gerlette à Vallorbe, le Diey à Romainmôtier, la
Vevy à Baulmes, la Covatannaz à Vuiteboeuf, le Moulinet
et le Cosseau à Chamblon, la Fontaines à Fontaines-sur-Grandson
et la Raisse à Concise.
Parmi les autres affluents principaux du lac : l'Areuse et le Canal de
la Broye.
Le canton de Vaud possède 29% des superficies lacustres suisses,
la moitié de sa population vit sur ses rives. 2075 km. de rivières
parcourent ce territoire, 1125 km. de celles-ci se jettent dans le Rhin
et 950 km. dans le Rhône.
Le canton étant partagé en 19 districts, douze de ceux-ci
sont composés de rives lacustres.
Les crêtes des montagnes, les fleuves, rivières et lacs,
caractérisés par leur infranchibilité permanente,
ont été utilisés pour définir les frontières
administratives humaines.
Johann
Schubert
Le
Petit Larousse Illustré, Dictionnaire
Encyclopédique, Ed. Larousse, 17 Rue de Montparnasse
- 75298 Paris Cedex 06, 1993,
p.586 et 361.
CHEVALIER, Jean et GHEERBRANT, Alain. Dictionnaire
des Symboles, 1982, Ed. Robert Laffont S.A. et Ed. Jupiter. Paris.1100
p.
Le
livre à remonter le temps, guide
archéologique et historique de la région
des Trois-Lacs et du Jura, Ed. Société Suisse
de Préhistoire et d'Archéologie, Bâle,
2002, 200 p.
Une Terre ses origines ses régions,
Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, Ed. Association
de l'Encyclopédie illustrée du Pays de Vaud, 1973,
189 p.
VAUTHIER, Bernard. La pêche
au lac de Neuchâtel , Ed. Cabédita,
CH-1137 Yens s./Morges, 1996,290 p.
BARKHAUSEN, Annette et GEISER,
Franz. Guide des réserves naturelles de Suisse,
Ed. Delachaux et Niestlé S.A., Lausanne (Switzerland)
- Paris, 1998, Traduction : Marie-Jo Dubourg-Savage, 425 p.
Carte Nationale de la Suisse, Grandson,
No: 1183, 1:25000, Ed.Office fédéral de topographie,
3084 Wabern, Edition 1999.